La présente étude, effectuée dans l’arrondissement de Magba entre Avril et Août
2013, porte sur l’analyse socio-économique de la pêche continentale dans la
partie Ouest de la retenue de la Mapé. Les enquêtes ont été menées auprès de 70
pêcheurs répartis dans 4 campements. La collecte des données s’est déroulée à partir
des observations sur le terrain, des enquêtes et des pesées régulières de
poissons à l’aide d’une balance. Les principaux résultats enregistrés sont les
suivants :tokamarmel@yahoo.fr
La majorité des pêcheurs sont des hommes (97,14%),
l’âge moyen tourne autour de 35,8 ans et les pêcheurs sont en majorité mariés, régime monogamique (45,71%). Ceci
indique que les personnes actives dans la pêche
appartiennent à une population très jeune et que le niveau de vie devient de plus en plus élevé d’où la nécessité de
limiter les charges dues à la polygamie. 57% des pêcheurs ont au moins atteint
le primaire. Une forte proportion des pêcheurs camerounais (93,34%) y est
observée. Ceci signifie que ces pêcheurs peuvent être réceptifs aux conseils et
à l’adoption des pratiques durables.
La totalité des pêcheurs
ne bénéficient d’aucun encadrement et ne sont pas regroupés au sein d’associations légalisées. Le poisson
est commercialisé sous trois grandes formes, la forme fraîche (5,33%), la forme
fumée (94,28%) et la forme séchée (0,39%). Le circuit de commercialisation est
constitué de pêcheurs, de braiseuses, de consommateurs locaux et de mareyeurs des marchés extérieurs. La
technique de fumage utilisée ici est le fumage à chaud avec pour matériel
principal le four « tchorkor ». Le prix moyen du kg de poisson frais
est de 425 FCFA et celui du poisson fumé 2026 FCFA.
La majorité des pêcheurs
acquièrent leur matériel de pêche par leurs fonds propres et les crédits
(62,86%). Le revenu net du pêcheur par mois est de 100961,10 FCFA. Les principales
contraintes détectées sont : le
non-respect de la règlementation en matière de pêche, l’absence d’organismes
légalisés de pêcheurs, le harcèlement des pêcheurs par les autorités locales, les
conflits entre pêcheurs, la forte pression exercée sur la ressource par les
pêcheurs, l’enclavement et le manque d’infrastructures sociales dans les
campements. Il a été recommandé
de renforcer les capacités techniques, organisationnelles et entrepreneuriales des pêcheurs, renforcer le
personnel d’encadrement et veiller à l’application effective de la
règlementation en vigueur et à la collecte plus large des données
scientifiques de pêches.
les retenues du Cameroun regorgent d'énormes potentialités hydriques et halieutiques. Il convient donc d'améliorer les conditions des exploitants de ces potentialités dans l'optique d'une gestion durable des ressources halieutiques.
RépondreSupprimerces améliorations ne peuvent se faire qu'en effectuant des aménagements sur toutes les pêcheries que comportent ces retenues.
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