Dispersées dans nos paysages naturels, agricoles ou
péri-urbains, les zones humides (ou terres humides) sont aujourd’hui reconnues
pour l’importance de leurs écosytèmes en tant que support de la biodiversité
aquatique et de la préservation de la qualité de l’eau. Selon le texte de la
Convention de Ramsar adoptée en 1971 dans la ville de Ramsar (Iran), les zones humides sont des
: « étendues de marais, de fagnes, de tourbières ou d’eaux naturelles ou
artificielles, permanentes ou temporaires, où l’eau est stagnante ou courante,
douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d’eau marine dont la profondeur à marée basse n’excède pas six
mètres » et pouvant « inclure des zones de rives ou de côtes adjacentes à la zone humide et des îles
ou des étendues d’eau marine d’une profondeur supérieure à six mètres à marée
basse, entourées par la zone humide ». (L’Article 1.1 & 2.1). Malheureusement, ces zones ne sont pas protégées
et connaissent une dégradation continue de leur milieu naturel par le rejet des
eaux usées, le dépôt de débris et gravats. Ce qui constitue une sérieuse menace
pour la diversité biologique. D’où’ il sera question pour nous d’une part de
ressortir l’importance écologique des zones humides et d’autre part de
présenter les menaces qui pèsent sur ces zones humides. L’ensemble suivi d’une
conclusion et des recommandations.
1.
Importance écologique et économique
• Milieux
les plus productifs du monde, sources de biens, de services multiples et variés
(Services écosystémiques: d’approvisionnements, de régulation, culturels et de
support);
• Berceau de la diversité biologique et zones
essentielles pour la conservation de la biodiversité;
• Fournissent l’eau et la productivité primaire;
• Entretiennent de fortes concentrations
d’oiseaux, de mammifères, de reptiles, d’amphibiens, de poissons et
d’invertébrés et sont aussi des greniers importants de matériel génétique
végétal. Le riz, par exemple, qui est une plante commune des zones humides, est
à la base de l’alimentation de plus de la moitié de l’humanité ;
• Stockage
de l'eau et protection contre les tempêtes ;
• La
stabilisation des rives et lutte contre l'érosion ;
• Recharge
des eaux souterraines (mouvement ascendant de l'eau pour devenir de l'eau de
surface) ;
• Purification
de l'eau par la rétention des nutriments, des sédiments et des polluants ;
• Stabilisation
des conditions climatiques locales notamment les précipitations et la
température ;
• Assurent
l’interception des pollutions diffuses, plus particulièrement sur les têtes de
bassins versants où elles participent à la dénitrification des eaux ;
• Régulent
les débits des nappes et des cours d'eau, emmagasinant les eaux de crue et en
les libérant ensuite sur de plus longues périodes et lors de périodes de
sécheresse ;
• Rôle
significatif de soutien des étiages ;
• Zones
(zones humides situées dans les champs d’expansion des crues privilégiées) de
frai et de refuge pour les espèces.
2.
Menaces
Malgré
une reconnaissance de leur rôle essentiel pour l’équilibre des milieux
aquatiques et le maintien de la biodiversité, les zones humides restent et
figurent parmi les milieux naturels les plus dégradés et les plus menacés.
Elles sont actuellement soumises à des pressions naturelles (variabilité et
changement climatiques) et anthropiques qui amenuisent et dégradent leurs
ressources naturelles. Les principales menaces qui pèsent sur ces écosystèmes
aquatiques résultent principalement :
• La
baisse et la modification des débits par la construction des ouvrages de
régulation (barrages de Lagdo, Maga,
Songloulou et Edéa) ;
• La
déforestation sous toutes ses formes et des apports polluants par les activités
agro-pastorales, les industries chimiques et agro-alimentaires ;
• Accumulation
des déchets plastiques et divers ;
• Effet
de la pollution des zones humides sur la ressource (eutrophisation) ;
• Exploitation
abusive des ressources: Sable, Bois ;
• Demande
croissante pour l'eau et la terre pour l'agriculture en raison de la croissance
de la population et surpâturage du bétail ;
• Conversion
des zones humides (déforestation des Aquaforêts, riziculture, mariculture etc.) et
les politiques agricoles ;
• Sur
exploitation des ressources sauvages ainsi que l’envasement des plans d’eau
risquent d’entraîner une extinction rapide de certaines espèces ;
• Diversion
de l’eau à travers les barrages ;
• Dégradation
à travers la Pollution (produits
chimiques, pesticides, etc.) ;
• Rejets
des eaux usées et décharge de matériaux ferreux, débris, gravats et ordures ;
• Dégradation
de ces milieux par le manque d’entretien et la poussée de roseaux, phragmites
et algues ;
•
L’exploitation de la ressource
forestière dans un environnement comportant des milieux humides, l’extraction de
la tourbe, les activités minières et l’ennoiement causé par les grands barrages
peuvent avoir des répercussions sur l’intégrité de ces écosystèmes. Les travaux
de drainage agroforestier, le passage des véhicules tout-terrain et l’étalement
urbain ;
• Le
changement climatique et les conducteurs naturelles, physiques et
biologiques par exemple des évolutions, les volcans, les tsunamis, etc
• Les
autres activités humaines comme l'extraction de matériaux, les drainages, les
opérations d’assèchement ou de curage (la
plantation de peupliers, aménagement et endiguement, remblai des cours d’eau) liées au développement urbain.
Conclusion
Au regard des services rendus par ces terres humides
qui sont désormais à considérer comme de véritables infrastructures naturelles
la préservation, la restauration et la gestion des zones humides représentent
un objectif prioritaire d’intervention. Ces zones sont néamoins menacées par la
dégradation de leur milieu naturel qui est utilisé comme (rejets d’eaux usées,
dépotoirs des débris et gravats, etc.…) et le manque d’entretien (croissance
des phragmites et algues). La régression continue de ces zones menace
impérativement la diversité biologique notamment faunique. Face à cette
situation, il est nécessaire de préparer un plan d’action gouvernemental de
sauvegarde et de reconquête des zones, contenant un certain nombre de mesures
axées surtout sur:
·
L’inventaire des zones humides et le
renforcement des outils de suivi et d’évaluation,
·
Le classement des zones humides selon
leur importance,
·
Le lancement d’un programme de recherche
sur les zones humides,
·
La reconquête des zones humides,
·
Le lancement d’un programme
d’information, de sensibilisation et deformation.
Références
bibliographiques
GRATTON, L. 1993.
Les milieux humides. Quatre-temps Vol. 17, no. 2: 25-29. UQCN, 1992. Guide des
milieux humides du Québec, 217 p.
MITCH,W.J., et J.G. GOSSELINK, 2007. Wetlands,
quatrième édition, New York, John Wiley and Sons, Inc., 582 p.
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