lundi 30 juin 2014

Ostréiculture en Afrique de l’Ouest



l’ostréiculture  était pratiquement  inexistante  en  Casamance  jusqu’à  nos jours,  bien  que  l’huître  ouest-africaine,  Crassostrea gasur,  fasse  l’objet  d’une  exploitation  traditionnelle par  cueillette  sur  les  racines  des  palétuviers  (CORNIERSALEM,  1987) et. que  de  nombreux  sites  d’élevage  soient  dénombrés.  L’aspect  de  cette  huître  est comparable  à  celui  des  espèces  de  même  genre levées en  Europe,  et  un  marché  touristique  local pour  un  produit d’élevage peut engendrer  des activités  ostréicoles.
I. HUITRE DES PALETUVIERS (CRASSOSTREA GASARADANSON)
I.l. Taxonomie
          Les huîtres ont été classées suivant leur morphologie, leur écologie puis la forme de leur coquille larvaire (prodissoconque). Cependant, du point de vue écologique et géographique, on peut rencontrer des huîtres de la même espèce en des lieux différents et des huîtres d'espèces différentes au même endroit Ranson 1951. La classe des Bivalves de l'embranchement des Mollusques du règne Animal comprend quatre ordres définis par la morphologie de leurs branchies. Les huîtres sont dans l'ordre des Filibranchia, le sous-ordre d’anisomyaire et la famille des ostréidés.
I.2. Rappels Anatomiques et Biologie
I.2.1. Rappels Anatomiques
I.2.1.1. Coquille
Ø  forme
La coquille de l'huître est externe, bivalve, très inéquivalve. La valve concave loge l'animal, l'autre est plus ou moins plate le recouvre L'extrémité antérieure de la valve gauche est plus au moins redressée en forme de crochet d'où le nom de Gryphea, qui désignait ce genre. Au sommet de la coquille se trouve le plateau antérieur des valves plus développé à la valve gauche qu'à la valve droite. Sa surface porte les traces des ligaments successifs; on l'appelle aire ligamentaire. L'ensemble du crochet et du plateau antérieur est appelé talon de la coquille La valve gauche porte souvent l'empreinte du support de l'huître.


Ø  Orientation
La bouche étant en avant et l'anus en arrière, les branchies sont ventrales et le cœur dorsal. La valve concave est à gauche, la valve plate à droite. On parle de valve inférieure et de valve supérieure parce que dans la nature, la première repose sur le sol
I.2.1.2 Organes Reposant sous la Coquille
Parmi les organes reposant sous la coquille on a :
Ø  Le manteau
Ø  Les lobes
Ø  La cavité palléale
Ø  Les branchies
Ø  Le muscle adducteur
Ø  L'appareil digestif
Ø  L'appareil circulatoire et la circulation
Ø  L'appareil reproducteur
Ø  L'appareil excréteur
Ø  Le système nerveux
I.2.2. Biologie
I.2.2.1. Répartition Géographique
Les diverses espèces de la famille des ostréidés vivent dans les eaux littorales entre les latitudes 640 Nord et 440 Sud Galtsoff 1964 Crassostrea gasar n'existe qu'en milieu salé saumâtre il n'ya pas de vraies huîtres en eau douce. Elle se rencontre uniquement à l'ouest de l'Afrique. Sa limite nord est constituée par le Sénégal au niveau du marigot de la Somone14°30 de latitude Nord et 170 05 de longitude Ouest. Vers le sud elle se rencontre jusqu'en Angola.
I.2.2.2.  Conditions de L'habitat
Crassostrea gasar vit à l'état naturel en colonies sur les racines adventives des mangroves littorales. Cette vie grégaire ne lui permet pas de bien grandir quand le naissain est fixé en abondance. Les huîtres forment des couches correspondant aux différentes époques du frai. Celles des couches supérieures grandissent plus vite et gênent le développement de celles des couches profondes. Quand la fixation est plus claire? Là où les courants sont plus faibles les huîtres peuvent grandir. Elle est fixée par la vulve gauche la valve droite peut s'ouvrir et se refermer librement. On trouve aussi des huîtres libres sur le sol. Un examen attentif de la partie antérieure permet de découvrir la petite pierre ou la coquille qui leur avait servi de point d'appui. Elle peut avoir disparu chez les vieux exemplaires. Les huîtres se développent sur un bon terrain si elles ne sont pas trop serrées elles acquièrent une forme plus régulière.
I.2.2.3. Alimentation et La Croissance
Ø  Alimentation
L'étude du contenu de son estomac prouve que l'huître se nourrit de tout ce qui est en suspension ou dissous dans l'eau (Diatomées pélagiques, microalgues, détritus, larves, bactéries). Cependant elle n'absorbe pas tout ce qu'elle filtre, un premier triage des particules suivant leurs dimensions et leur nature a lieu au niveau des branchies. Les particules destinées à être ingérées sont acheminées vers les palpes où s'effectue un second triage. Les particules indésirables soit en raison de leurs ornementations épineuses soit en raison de leur taille sont éliminées-Grùsse
Ø  Croissance
L'étude de la croissance de Crassostrea gasar Adansona été faite sur les huîtres d'élevage a l'état naturel, la grégarité de l'huître gène son développement normal Cette étude a commencé par la récolte du naissain d'huître sur tuiles chaulées en aout-septembre, le détroquage à huit mois puis l'élevage en casiers grillagés jusqu'à un an ensuite au sol en saison chaude et des pluies puis en casier en saison fraîche. A sept mois, Crassostrea gasar a déjà atteint la moitié de la taille qu'elle aura à quatre ans (environ dix centimètres). Cependant au delà d'un an, elle est encore plate et fragile.  Entre un et deux ans, la croissance alentit, l'huître se transforme, la valve inférieure se creuse en même temps que la coquille commence à s'épaissir, à s'élargir La largeur est de ~centimètres à un an et de 6,3 centimètres à quatre ans. La pousse est continue toute l'année dans les eaux chaudes du Sénégal car l'huître y trouve à s'alimenter en toute saison Quand la pousse est discontinue/on peut connaître approximativement l'âge de l'huître en comptant le nombre de stries d'accroissement de la coquille divisé par le nombre de pousses par an.

I.2.2.4. Reproduction
Actuellement dans le monde, il y a deux groupes d'huîtres quant à leur mode de reproduction Celles du genre Ostrea chez lesquelles la fécondation a lieu dans les canaux des glandes génitales Elles retiennent leurs embryons ou larves quelques jours dans la cavité palléale avant de les expulser au dehors. On les qualifie de larvipares d'embryophores. Les autres (genres Crassostrea et Pycnodonta), rejettent dans l'eau leurs produits génitaux arrivés à maturité. L'œuf y est fécondé et la vie larvaire s'y déroule entièrement Elles sont dites ovipares Ranson 1951
I.2.2.5. Ennemis et Maladies
I.2.2.5.1. Ennemis
A l'état larvaire, l'huître fait partie du plancton.celles qui arrivent à l'âge adulte doivent faire face à divers ennemis.
Ø   parasites
Il a été signalé la présence chez Crassostrea gasar de deux copépodes qui se fixent sur les branchies mais qui n’ont pas été déterminés.
Ø  Prédateurs
Il s’agit de l’Homme, crustacés, les mollusques, les poissons.
D'autres ennemis absents causent de gros dommages à l'ostréiculture. Ce sont entre autres les astéries ou étoiles de mer, les bigorneaux perceurs et d'autres et par concurrence vitale l'arénicole qui envase les huîtres dans les parcs et les moules qui en filtrant plus que les huîtres peuvent les affamer dans un milieu appauvri et les faire disparaître.
Ø  Ennemis par Occurrence Vitale
Les balanes qui se reproduisent quelques jours avant les huîtres, se fixent au niveau moyen supérieur des marées, elles ne peuvent pas gêner la fixation du naissain d'huître
Le Thais forbesi, l'Arca senilis ou pagne et l'Uca tangueri ou crabe violoniste peuvent enfouir les huîtres des parcs Ces deux derniers épars au niveau des parcs sont très nombreux dès qu'on s'éloigne un peu.
Force est de constater que Crassostrea gasar a peu d'ennemis comparativement aux autres huîtres; il en est de même des maladies.
I.2.2.5.2. Maladies Huitres
Ø  le chambrage : C'est la formation de cloisons dans la coquille ;
Ø  l'insolation : Sur les casiers situés haut, au moment où les huîtres sont hors de l'eau, l'action directe du soleil pourrait se faire sentir. Les huîtres longtemps exposées présentent une dégénérescence du muscle adducteur suivie d'une forte mortalité ;
Ø  les huîtres glaireuses : elles sont maigres, transparentes et laissent échapper un mucus blanchâtre ;
Ø  La maladie du pain d'épice : elle se manifeste sur la coquille par la présence de canaux et de taches vertes sur la nacre. La coquille devient fragile, elle casse pendant le transport ou sous le couteau de l'ouvreur. L'huître réagit aux perforations de la coquille par une hypersécrétion de nacre ;
Ø  La maladie du sable : elle consiste en la pénétration accidentelle de grains de sable entre l'huître et sa coquille. Ces grains sont isolés dans la coquille par une couche de nacre. L'huître perd plus facilement son eau intervalvaire et peut mourir ;
Ø  La maladie des branchies : elle se traduit par des boursoufflures puis une nécrose des tissus, un délabrement et enfin une rupture des filaments des branchies. Simultanément les huîtres dépérissent à cause de la réduction de l'appareil ciliaire (90-139)0 La maladie est sans gravité chez les huîtres du genre Crassostrea ;
Ø  La maladie du pied : Le muscle adducteur subit une désorganisation scléreuse. Il se forme des aspérités à la surface intérieure de la valve. Celles-ci compriment le muscle adducteur qui s'atrophie et peut même se détacher de la coquille, entraînant la mort de l'huître. Les bords de la coquille sont tordus par un développement dysharmonieux qui empêche la fermeture des valves ;
Ø  Les huîtres boudeuses : a la suite d'une température trop basse des eaux ou de la déficience en matières nutritives, les huîtres ne croissent plus on dit qu'elles sont boudeuses ;
Ø  Le typhus des huïtres : Il est dû à la vase dans les parcs trop chargés. La coquille devient molle, des compartiments s'y forment. Les huîtres maigrissent et ont un goût fétide ;
Ø  La peste des huitres : elle a pour origine la souillure des huitres par des produits en putréfaction. Les  huîtres atteintes rejettent beaucoup de mucus et se putréfient ;
Ø  Le Douçain : dans une eau dont la densité varie de 1000 à 1005, la masse viscérale de l'huitre gonfle exagérément, la vase se colle aux branchies qui finissent par présenter une dégénérescence glaireuse. Il semble que l'huitre meurt asphyxiée. Pour l'éviter il convient de régulariser les apports d'eau douce ;
Ø  Les maladies à étiologie inconnue : On peut remarquer que l'huitre meurt plus facilement que le muscle adducteur peut se détacher des valves. D'autres maladies ont des manifestations différentes.
II. CULTURE DE CRASSOSTREA GASARADANSON
II.1. Gisements Naturels
Les bancs naturels ou "Crassats ″  se développent dans des zones où la salinité optimale est assez stable. C'est en ces endroits seulement qu'on trouve des conditions favorables à la pérennité de l'espèce 
II.2. Différentes Phases de la Culture
Ø  la récolte du naissain : Il est nécessaire d'avoir des collecteurs et de connaître le moment de fixation du naissain ;
Ø  l'élevage : le détroquage ne se faisant que vers deux ans, il n'y a pas de semi-élevage qui aurait nécessité des caisses ostréo-philes, une haie de branchage ou du grillage autour des parcs pour protéger les jeunes huîtres contre les prédateurs ;
Ø  l'affinage ou engraissement et le verdissement : l'huître qui a atteint la taille marchande peut ne pas être assez grasse au goût du consommateur. Pour lui faire acquérir sa finesse, on va l'engraisser. Le verdissement est le résultat de l'absorption par l'huître de diverses diatomées dont Navicula ostrearia et de leurs pigments.
Ø  le dégorgement : les huîtres préparées pour l'expédition restent en casier pendant quelques jours de pré-dégorgement. Elles sont placées ensuite dans le bassin de dégorgement des Almadies pour une mise au point définitive.
III. EXPLOITATION DES HUITRES
III.1. Exploitation Traditionnelle
Ø  Consommation de l'huître : les racines des palétuviers chargées d'huîtres sont coupées et disposées sur le feu. Les huîtres s'ouvrent et commencent à se dessécher en cuisant. Les rhizophores sont retirés du feu et les huîtres détachées des coquilles après refroidissement finissent de sécher sur des nattes. Le produit ainsi obtenu, le plus souvent dans les îlots proches, sert à la confection de plusieurs plats du riz au couscous mais il est surtout vendu aux étrangers ;
Ø   Utilisation de la coquille : sa poudre entre dans la préparation du tabac moulé, très prisé par beaucoup de villageois. A cet effet elle est associée à la coque incinérée du fruit du baobab.
III.2. Exploitation Moderne
Ø  Exploitation et mesures de protection : la protection des gisements naturels était nécessaire aux débuts de l'ostréiculture. Elle s'est effectuée par l'ex-ploitation alternative, tous les deux ans, de certaines parties des gisements de la Somone, de la Fasna et de Joal-Fadiouth. Une autre mesure de protection limitant le nombre de concessions subsiste encore ;
Ø  Le contrôle de salubrité des huîtres : Il est rendu nécessaire par les possibilités de contamination. Les pollutions par exemple d'origines diverses sont néfastes au consommateur parfois à l'huître même.
IV. PERSPECTIVES
L’ostréiculture s'est affirmée petit à petit depuis plus d'une vingtaine d'années. Cependant de nos jours, elle connait de sérieux problèmes. Les huîtres ne sont commercialisées par les ostréiculteurs qu'en coquille. Pour augmenter les possibilités de vente, on pourrait essayer d'autres modes de conditionnement : huîtres décoquillées, huîtres en conserves ou huîtres grillées-séchées en sachets.







CONCLUSION
Grâce à l'étude de sa coquille larvaire, que l'huître des palétuviers de l'Afrique de l'Ouest est Crassostrea gasar Adanson. Voisine d'autres espèces du même genre, elle présente quelques caractéristiques propres, tant sur le plan anatomique que physiologique. Crassostrea gasar (huître des palétuviers) vivant du Sénégal à l'Angola est adaptée au milieu de mangrove. A l'état sauvage, elle se fixe par sa valve inférieure sur les racines des palétuviers d'où son nom. Les eaux chaudes, riches en plancton et autres éléments nutritifs assurent sa croissance rapide. Elle devient adulte en trois ans et dépasse la taille commerciale de cinq centimètres en moins d'une année. La reproduction a lieu en saison des pluies quand la salinité diminue. Au cours d'une saison de reproduction, une huître peut frayer plusieurs fois. Les sexes sont séparés mais peuvent changer suivant les années. Le nombre des femelles est toujours supérieur à celui des males. Notre huître bénéficie d'un milieu biologique extrêmement favorable : ses ennemis sont peu nombreux et les maladies rares. Le chambrage pourrait la déprécier mais on peut y remédier par des méthodes appropriées de culture. Dans l'ensemble la mortalité reste faible.

 REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUE
Berenard coudou D.,1976. OSTREICULTURE AU SENEGAL, 111p.
Gilles S.,1991. Observation sur le captage et la croissance de l’huitre creuse Ouest Africaine, Crassostrea gasar, en Casamance, Senegal, 11p.


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